Madama libéré. Un demi soulagement

L’émotion était forte quand dans la soirée de vendredi, les activistes de RESF apprenaient la libération de Madama. Depuis 3 jours il était enfermé au CRA (Centre de rétention administrative)  de Lyon Saint-Exupéry en vue d’être expulsé vers son pays d’origine, le Mali.

Finalement, alors que tout le monde pensait qu’il resterait le week-end enfermé, le tribunal des liberté décidait, contre toute attente de le laisser sortir. Eric et Véronique, sa famille d’accueil du Puy, partaient immédiatement vers Lyon pour récupérer le garçon et le ramener chez eux.
La nouvelle s’est vite répandue. Le lendemain samedi, alors qu’un rassemblement devait se tenir au Puy pour demander sa libération, les gens ont effectivement afflué sur le Breuil mais avec une autre volonté, celle de voir Madama et se réjouir avec lui de cette demie victoire.
Les propos du Préfet Eric Etienne dans la presse les jours précédents n’avaient rien d’apaisants et laissaient augurer un durcissement de la situation. Aussi tout le monde était surpris de cette libération inespérée. Mais elle n’a rien de gratuit. Le garçon est assigné à résidence chez sa famille d’accueil et doit signer à la gendarmerie 4 fois par semaine. Toujours pas question de travailler.
Par ailleurs d’autres OQTF (Obligation de quitter le territoire) sont tombées pour d’autres jeunes en attente de régularisation et plusieurs assignations à résidence avec obligation de signer tous les soirs pour 5 jeunes. Il faut savoir que «assignation à résidence» signifie qu’à tout moment la police peut surgir et emmener les personnes pour expulsion. Cela signifie vivre en permanence avec la peur au ventre, ne pas pouvoir se projeter dans l’avenir. Pourtant tous ces jeunes s’accrochent à leur études et travaillent autant qu’ils le peuvent dans cette situation anxiogène.

Ces situations insupportables ont choqué les activistes de RESF et des associations humanitaires qui ont décidé de mettre ce rassemblement de samedi sous le label du soutien aux Sans papier.

Pour la première fois au Puy, les jeunes migrants se sont regroupés en collectif et sont apparus publiquement, avec un discours collectif qui a fait monter encore d’un cran l’émotion surtout lorsque Alpha a remercié l’accueil qu’il a trouvé ici et a dit «Cette belle France a donné un sens à notre avenir et aujourd’hui, nous lui demandons, à nouveau, qu’elle nous aide.» Il n’a pas manqué de dire combien ils vivent avec la peur que tous leurs efforts s’effondrent pour une décision administrative qui peut décider de leur vie : «Le cas de Madama est celui de plein de jeunes. Aujourd’hui, nous vivons de nouveau dans la crainteOn a peur chaque matin, quand on se lève, quand on se réveille qu’une décision administrative ne remette en question tout ce que l’on est en train de construire».
Ils ont ensuite pris la tête de cette manifestation improvisée. Derrière eux, environs 400 à 500 personnes scandaient les slogans : «Solidarité avec les sans papiers», «Assez d’avoir peur», «Tout le monde déteste les frontières», et autres.

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