Liberté de la presse

Acrimed se mobilise samedi 21 novembre contre la loi « sécurité globale »
L’association Acrimed, Action-Critique-Médias, s’est toujours mobilisée pour une information libre, pour le droit d’informer et le droit à être informé. C’est le sens de notre participation, avec de nombreux collectifs, associations, syndicats, dans la coordination nationale contre le projet de loi « sécurité globale ». Et en particulier contre son article 24 qui aurait pour conséquence d’empêcher la diffusion d’images ou de vidéos de violences policières.

Plusieurs rassemblements se tiennent samedi 21 novembre. À Paris, le rendez-vous est donné place du Trocadero à 14h30. La liste des rassemblements ainsi que des informations pratiques comme des attestations de manifestation sont disponibles sur le site de la Ligue des droits de l’homme : https://www.ldh-france.org/loi-securite-globale-interpellez-vos-deputes/

Pour plus d’informations :

L’appel unitaire : https://www.acrimed.org/Article-24-appel-a-se-rassembler-le-17-novembre

Tribune sur le projet de loi : https://www.acrimed.org/Interdiction-de-diffuser-les-images-des-policiers

Prise de parole d’Acrimed au rassemblement du 17 novembre et addenda :

Ce pouvoir ne tolère pas les contre-pouvoirs. Il ne tolère pas que des journalistes, des habitants de quartiers populaires, des reporters, encartés ou non, des manifestants, puissent rendre compte de la réalité de l’action policière. D’une violence trop souvent impunie. Des quartiers populaires aux mobilisations sociales (loi travail, gilets jaunes, retraites) ce sont souvent les images, les vidéos de violences, qui ont aidé à percer le mur du discours officiel, celui de la préfecture. Et qui ont permis de mettre les violences policières à l’ordre du jour médiatique malgré l’obstruction ou l’indifférence des chefferies éditoriales.

Aujourd’hui la préfecture souhaiterait substituer à ces images, trop dérangeantes, ses propres images, comme elle l’avait fait lors de la tentative d’évacuation de la ZAD de NDDL en avril 2018. C’est le sens des dispositions de cette loi de sécurité globale. L’objectif est clair : verrouiller un peu plus l’information. Il s’agit d’une grave remise en cause des libertés fondamentales, comme la rappelé le conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Cette remise en cause s’inscrit dans une longue liste d’initiatives prises par le gouvernement contre une information libre. Intimidation des journalistes, à travers des pressions judiciaires, des perquisitions comme à Mediapart, des convocations par la DGSI. Sur le terrain : entrave au travail des journalistes en manifestation, destruction de matériel voire arrestations et violences physiques sans précédent par la police (54 journalistes blessés dont 12 grièvement selon RSF depuis novembre 2018). Multiplication des lois tentant de verrouiller l’information : loi secret des affaires, facilitant les poursuites bâillons, loi fake news, ouvrant de nouvelles possibilités de censure. Sans compter les coupes sévères dans le budget du service public audiovisuel.

Sans compter les nombreuses déclarations incendiaires de la majorité et du gouvernement. « Nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité » osait Emmanuel Macron pris dans la tourmente de l’affaire Benalla en juillet 2018.

Non décidément, ce pouvoir ne tolère pas les contre-pouvoirs. Il s’apprête à bafouer une nouvelle fois, avec une rare violence, le droit d’informer et à être informé. C’est bien sûr l’affaire des journalistes… mais c’est l’affaire de toutes et tous, c’est un enjeu démocratique. C’est pourquoi cette mobilisation est salutaire et doit s’amplifier. Acrimed ne manquera pas d’y prendre sa part.

Addenda (20/11) : Le 17 novembre, des rassemblements avaient lieu dans plusieurs villes contre le projet de loi «sécurité globale». À Paris ou encore à Toulouse, des violences verbales et physiques contre les journalistes (entre autres !) ont été constatées et attestées par des images et des vidéos dont le gouvernement souhaite précisément interdire la diffusion.

Voir à ce sujet le communiqué commun que nous avons signé : https://www.acrimed.org/Proposition-de-loi-Securite-globale-la-liberte-d

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