Rassemblement devant la préfecture du Puy

Le Réseau éducation sans frontière (RESF 43) s’est rassemblé devant la préfecture du Puy-en-Velay ce  mercredi 15 janvier 2020 à 14h pour protester contre « la violence institutionnelle envers les familles qui risquent d’être expulsées et aux jeunes non accompagnés ».

Le Réseau Education sans frontière (associations caritatives et humanitaires, simples citoyens, enseignants, élèves, syndicats), se rassemblait pour dénoncer la situation qui est imposée aux familles exilées en Haute-Loire et aux mineurs isolés étrangers, familles albanaises, kosovares, géorgiennes et arméniennes, jeunes africains, afghans, bangladais. Et particulièrement pour l’une de ces familles, originaire du Kosovo, présente en France depuis cinq ans et dont les enfants sont scolarisés au collège Jules-Vallès et au lycée Charles-et-Adrien Dupuy.
Déboutée du droit d’asile, la famille a reçu ses billets d’avion pour rejoindre le Kosovo, « en dépit des promesses d’embauche que détiennent les parents et de la 

parfaite intégration des enfants ».

RESF regrette un manque de dialogue avec les autorités : « L’Aide sociale à l’enfance nous renvoie aux services de l’État qui refusent le dialogue et ont pour seule réponse, le harcèlement moral, l’obligation de quitter le territoire. Les préfets ont pourtant le droit discrétionnaire, c’est-à-dire le pouvoir d’étudier la situation de chaque famille, et de mesurer les efforts d’intégration, pour rechercher du travail, pour apprendre la langue française, pour intégrer leurs enfants, etc. »

Le Réseau alerte également sur la situation des jeunes mineurs isolés : « A ce jour, des jeunes mineurs sont hébergés par le 115, c’est-à-dire par Tremplin ou par l
’Aide sociale à l’enfance. Ils sont hébergés mais laissés sans prises en charge éducative, sans argent de poche et sans scolarisation. On les voit alors errer dans les rues, ou ils restent enfermés dans leur chambre, effrayés, dépressifs
 ».
Fin 2018 en France, il y avait 28.600 mineurs isolés étrangers placés selon l’Observatoire national de l’Action sociale.

Des enseignants solidaires

Des enseignants et des lycéens
du lycée Charles et Adrien Dupuy et du collège Jules Vallès du Puy-en-Velay se joignent à la mobilisation en adressant une lettre ouverte au préfet et en demandant audience. 

Nous venons d’apprendre avec stupéfaction la nouvelle du renvoi de la famille Shatri dans son pays d’origine, le Kosovo. Nous sommes particulièrement indignés car notre élève Kujdès se retrouverait dans une situation insoutenable : sa famille serait expulsée du territoire tandis qu’il se retrouverait seul dans une situation douloureuse et précaire, et ce, à six mois du bac. Cet élève est un modèle d’intégration, il a obtenu son CAP et prépare avec assiduité son baccalauréat, avec une promesse d’embauche à la clé.
Nous tenons à souligner, M. le Préfet, que cette famille arrivée en France depuis cinq ans et installée au Puy-en-Velay depuis trois ans a montré une ferme volonté d’intégration. Son attachement à la France, à la Haute-Loire ainsi qu’aux valeurs de la République est sans équivoque. Sa vie est désormais ici.

En tant qu’éducateurs de l’Éducation Nationale, nous sommes dans l’incompréhension : l’investissement de toutes les équipes pendant cinq années auprès de ces trois enfants serait réduit à néant.
Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons imaginer que cette situation ne soit reconsidérée.

Le communiqué de RESF 43

Des familles sont menacées d’expulsion imminente pour l’une, prochaine pour d’autres. Lors de la dernière réunion mensuelle RESF 43, il a été acté un  rassemblement devant la préfecture mercredi 15 janvier à 14h. La situation des familles est insupportable du fait de la loi et de l’application zélée de cette loi.

Le prétexte de l’application de la loi ne peut en aucun cas légitimer le harcèlement moral, la violence qui provoque une angoisse insupportable et conduit au désespoir ou à la clandestinité. Quel avenir réserve t-on aux jeunes que l’on refuse, que l’on veut renvoyer vers un pays qu’ils connaissent à peine même s’il est celui de leurs parents ?

Quelle révolte créons-nous ?

Nous ne pouvons accepter cette violence institutionnelle, cette politique inhumaine qui détruit les personnes alors que des brèches légales existent dans le système si les autorités garantes des lois veulent bien regarder l’itinéraire de chaque famille et leur laisser enfin le droit de vivre en paix et appliquer la devise républicaine Liberté, Egalité, Fraternité ! 

Venez nombreux pour le clamer.
On compte sur votre présence en nombre.
Faites savoir sur vos réseaux amis……

N’ajoutons pas deux vers au texte du pasteur Niemoller :
Quand ils sont venus chercher les migrants
Je n’ai rien dit, je n’étais pas étranger…

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