Cuisine Confine 10 : Salade de pissenlit en confinement

Bonjour à tous,

Annette vous propose une nouvelle recette confine pour faire sortir un peu celles et ceux qui n’ont pas de jardin…

Salade de pissenlit en confinement

Nous sommes à la fin du mois de mars de l’année 2020 et la saison de ma salade est prête de s’achever. Vous qui vivez dans les pays d’altitude où le froid persiste à l’ombre nord des haies, dépêchez-vous : il est tard mais il est encore temps de cueillir ce délice sauvage dont vous me direz des nouvelles !
Il vous faudra sortir de chez vous, emportant un panier ainsi qu’un couteau de cuisine à la lame pointue.

Au potager, dans le pré du verger, vous avancerez à pas lents, allant de-ci delà, les yeux rivés au sol, à la recherche de vos dents de lion en étoile.

Quand les premières s’avanceront vers vous, ne retenez que les plans les jeunes, ceux qui ne portent pas encore de fleur en leur cœur et ne récoltez jamais plus que la quantité nécessaire à vos besoins.

Vous pratiquerez cette récolte en plongeant vaillamment dans le sol à la base du plan la pointe du couteau.
D’une ferme rotation de la lame, vous extirperez l’innocent après avoir taillé net son beau collet d’albâtre.
Odeurs…Terres remuées… Sucs et sèves froissés… Une buse plane au loin dans le ciel…

Déposez votre récolte avec mille précautions dans le fond du panier.
Rentrez chez vous et lavez-vous les mains.

Avant que de trois ou quatre eaux vos pissenlits soient lavés à leur tour, vous trierez ceux-ci sur la pierre d’évier, rejetant les brins d’herbes et les mousses qui se sont laissés prendre, les quelques feuilles un peu vieilles et jaunies ainsi que les araignées minuscules et les fourmis qui en ont le tournis.
Vous ouvrirez votre fenêtre aux intruses pour qu’elles regagnent le jardin. L’opération du tri apparaîtra d’une longueur inusitée à celles de mes amies qui ne connaissent plus que les salades prélavées conservées en sachet sous vide.

Qu’importe ! Aujourd’hui le temps vous est donné à l’infini !

Une fois votre salade propre, séchez-là en l’emprisonnant dans un torchon de vieux lin de grand-mère que vous secouerez modestement dans un endroit qui ne craint pas l’humidité.

Vos pissenlits un fois déposés dans un saladier dont la couleur s’accorde à leurs légers feuillages, faites-leur l’aumône d’une ou deux échalotes émincées. Le potager d’un seul tenant viendra se lier au barbare !

J’en demande à présent pardon aux amis kascher, halal, végétariens et véganes mais à ce point de ma recette, je dois vous livrer un secret qui m’est arrivé de Lorraine par la bonté de ma belle-mère : pour préparer une véritable vinaigrette de pissenlit, vous devez tailler du lard gras et salé en tout petits morceaux que vous ferez fondre dans une petite poêle à feu doux.

Vous aimeriez que je vous fasse entendre les chuintements de la graisse qui se défigure ? Ne commettons pas cet impair ! Ne vous ai-je pas dit « à feu doux » !

Quand vos petits «chons» seront bien racornis dans leur huile, vous terminerez votre vinaigrette – toujours sur le feu et dans la même poêle- en rajoutant – si nécessaire un peu d’huile – mais surtout la dose de bon vinaigre de vin qu’il convient à l’équilibre de celle-ci.

Jetez votre sauce brûlante et sans ménagement sur vos pissenlits qu’immédiatement vous fatiguerez avec des couverts en bois pour les «cuire».

Mes amis kascher, halal, végétariens et véganes pourront faire la même recette en omettant tout simplement le cochon.

Nous vivons désormais dans des temps frugaux. Aujourd’hui ma salade de pissenlits se suffira donc à elle-même. Venez maintenant vous asseoir près de moi, vous me feriez plaisir. Nous la dégusterons, rustique, douce et acide, avec un morceau de pain sorti à temps de mon congélateur. Goûtez-moi ce délice…

Annette

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