De retour du Tarn

Dimanche, le réveil est dur. Nous apprenons la mort d’un jeune homme de 21 ans dans le rassemblement contre le barrage de Sivens. Renseignement pris auprès du collectif de la ZAD (Zone à Défendre), les gendarmes mobiles et des CRS ont tiré à tirs tendus sur les manifestants, pour la plupart jeunes. La violence était telle qu’elle a fini par avoir raison de Rémi Fraisse.

La question qui se pose et que la presse d’aujourd’hui n’a pas encore posée : que défendait la police ? Le site est vide. Désertique puisque les arbres ont été arrachés. C’est un large espace de sable aplani. Rien à défendre, rien à protéger.

Jacques Adam «y était» et nous envoie ses premières réflexions.

Bonjour,

De retour du Tarn ce Dimanche soir avec une délégation de 8 personnes de SOS Loire Vivante, je suis bien sûr en colère après ce gouvernement «socialiste» de Manuel Valls dont les forces de répression sous les ordres du ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve viennent d’assassiner un jeune de 21 ans opposé au barrage de Sivens.

D’après les premiers témoignages, Rémi Fraisse, jeune Toulousain de 21 ans ne faisait pas partie des «anarchistes encagoulés» comme la préfecture du Tarn et certains médias veulent nous le faire croire ! (Et quand bien même est-ce que cela justifierait sa mort ? NDLR)

Toute une partie de la nuit de samedi à dimanche, les explosions des grenades assourdissantes ont retenti dans la vallée du Tescou. Il semblerait que Rémi ait fait partie d’un groupe parti sur le lieu des affrontements pour essayer de «calmer le jeu».

http://www.reporterre.net/spip.php?article6496

Quoi qu’il en soit, depuis le début de ce conflit, les forces de l’ordre ont déployé une extrême brutalité vis à vis des opposants au barrage. Lire à ce sujet le dossier sur Reporterre :

http://www.reporterre.net/spip.php?article6247

C’est la troisième fois qu’un militant d’une cause écologiste trouve la mort en France : Vital Michalon lors de la manifestation contre le surgénérateur de Creys Malville en juillet 1977.

Sébastien Briat écrasé le 7 Novembre 2004 à Avicourt en Lorraine, lors d’une action d’opposition au passage d’un train de déchets nuclaires. Rémi Fraisse lors d’affrontements avec les forces de l’ordre protégeant le chantier du barrage de Sivens sur l’ex-zone humide du Testet (Tarn) dans la nuit du 25 au 26 Octobre 2014.

Il est de notre responsabilité de donner aujourd’hui une réponse forte  à cet assassinat !

Pas par des voeux ou des déclarations d’intention, PAR DES ACTES !

Quelle que soit notre engagement au sein des différents réseaux associatifs environnementaux, de défense de la nature, de défense des rivières vivantes, de défense des ZAD ou au sein d’EELV, d’Utopia ou autres, nous devons nous manifester et exprimer notre indignation auprès de tous les représentants locaux, régionaux et nationaux du parti socialiste.

Nous devons aussi inventer de nouvelles formes d’actions et de solidarité afin d’aider les deux collectifs Tarnais (collectif Testet et collectif Tant qu’il y aura des bouilles) à obtenir l’abandon pur et simple de ce barrage.

Jacques Adam – co-fondateur du Comité SOS Loire Vivante.

http://www.ouest-france.fr/barrage-de-sivens-tarn-un-rapport-dexperts-tres-critique-2932576

http://www.ouest-france.fr/barrage-de-sivens-tarn-des-questions-apres-la-mort-du-manifestant-2932565

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