Nuit debout : Incarcération d’Antoine Jubin

Arrêté lors de l’intervention de la police pour évacuer la Mairie de Clermont-Ferrand, le 29 avril, Antoine Julin est actuellement incarcéré à Riom

 

ANTOINE  JUBIN

Maison d’arrêt de Riom,

N° d’écrou : 500

Bâtiment QAE 109

63200 Riom

Une pétition est dors et déjà en ligne : https://docs.google.com/forms/d/11fUG9klsQR3asVsUz5NJ6Q_Sc0z9PUn1wAjzP1gELn0/viewform?c=0&w=1

Salut Camarade,

Depuis les « événements » dramatiques survenus vendredi au Conseil municipal, nombre de camarades de différentes organisations se sont dit qu’il ne fallait pas laisser passer et ont émis l’idée d’une réaction un peu massive au-delà des communiqués des uns et des autres. Cela s’est concrétisé dans la rédaction d’un « appel » que l’on proposerait de signer massivement aux associatifs, syndicalistes, politiques et citoyens de notre ville.
Voici le projet d’appel. Nous avons besoin de premiers signataires dans la journée avant de le rendre public pour invitation à signatures massives.
Si tu es d’accord, penses donc à le signer sans attendre !
Et si tu connais d’autres camarades que la démarche pourrait intéresser… N’hésite-pas à leur proposer d’être dans les premiers signataires 😉

NOUS REFUSONS L’IMPORTATION DE
LA VIOLENCE DANS NOTRE VILLE !

Le mouvement pour le retrait de la loi travail subit une répression sans précédent, y compris sous Sarkozy ou durant le CPE. Cela a commencé avec la répression violente des mobilisations lycéennes un peu partout. Cela se poursuit avec celle des Nuit Debout et des manifestations «  traditionnelles  » dans la plupart des villes. A cet égard, la séquence 28 avril-1er mai marque un tournant, avec le démantèlement violent et sauvage de Nuit Debout à Paris dans la nuit du 28 avril et l’attaque pure et simple de la manifestation du 1er mai. Depuis le début du mouvement, le nombre de blessés au flashball, de personnes matraquées ou gazées se compte par milliers… Pour un gouvernement minoritaire, aux abois face à 70% de français opposés sa loi, et à qui il manquerait 40 voix à l’Assemblée pour la faire voter, il s’agit de jouer la stratégie bien connue de tension et répression policière pour briser le mouvement  : tenter d’empêcher la convergences des luttes, des mondes associatifs, syndicaux et de Nuit Debout, faire en sorte que de peur de se faire gazer ou matraquer les rangs des manifestants se vident, et faire en sorte qu’une partie des manifestants excédés par de telles pratiques se radicalisent et basculent à leur tour dans la violence. Parler des «  casseurs  » permet en effet d’esquiver le vrai problème de fond  : une loi dont personne ne veut, imposée par un gouvernement minoritaire.

C’est cette stratégie qui a été appliquée à notre territoire le 29 avril, lorsque la Mairie a demandé à la Préfecture de déloger Nuit Debout à Clermont-Ferrand le jour du Conseil municipal, et 2 jours avant la manifestation du 1er mai. Dès lors, il s’agissait de refuser que cette logique de violence se décline ici. C’était la responsabilité du premier magistrat de cette ville  : le Maire de Clermont-Ferrand. C’était le sens de l’interpellation de Nuit Debout au Conseil municipal et relayée par les syndicats et un certain nombre d’élus  : faire en sorte que le débat politique et citoyen autour de «  la loi travail et son monde  » puisse s’exprimer librement sur la place publique.

Malheureusement, le Maire a fait le choix de s’aligner sur la stratégie gouvernementale quitte à amener la violence jusqu’au sein du Conseil municipal, ce qui est sans précédent dans notre ville et d’une extrême gravité. C’est à ce moment là que l’institution républicaine a été attaquée. En plus des manifestants présents, des élus ont ouvertement été bousculés, frappés, gazés, tazés, jetés à terre et hors de leur mairie parce qu’ils s’étaient déclarés opposés à la loi travail et solidaires de Nuit Debout. Des clermontois en terrasse de bar se sont fait gazer alors qu’ils n’avaient rien à voir avec les événements. Tout cela aurait pu être évité, mais ce n’était pas le choix du Maire pour qui il était possible de répondre à la demande officielle d’usage de la place faite par les syndicats (interlocuteurs reconnus et identifiés et auxquels il n’a même pas daigné répondre)  ; de mettre à disposition le cabanon associatif de la place de Jaude (pour éviter les construction «  en dur  »)  ; d’interrompre quasi-directement le Conseil pour recevoir Nuit Debout (comme cela se fait habituellement avec les associations et syndicats qui mènent ce type d’action) au lieu d’attendre 2h  ; de demander aux forces de l’ordre de se calmer quand elles ont commencé à pousser violemment les manifestants dans les escaliers  ; ou encore de s’excuser de ces «  débordements  » dans la presse au lieu de parler d’évacuation «  dans le calme et le respect des personnes  ». Il a fait le choix de la matraque et de la provocation.

Ce n’est pas comme cela que nous concevons la démocratie dans notre ville et dans notre pays. Tout cela est grave, lamentable et ne sera pas sans conséquences. Dans ce contexte, comment ne pas voir comme un signe avant-coureur de cette violence qui rend impossible tout «  dialogue social  » l’agression dont avaient été victimes les syndicalistes de la CGT de la ville de Clermont-Ferrand en début de mandat  ? Au-delà de Nuit Debout (que l’on soit d’accord avec ou pas), l’accepter serait créer une «  jurisprudence  » en la matière qui mettrait en péril la démocratie et menacerait les mobilisations citoyennes, syndicales ou associatives futures. Dans une démocratie on ne réprime pas à coup de matraques, de gaz et de tasers les divergences politiques  : on leur permet de s’exprimer.

C’est pourquoi nous condamnons les choix du Maire ce soir-là sans lesquels il n’y aurait pas eu les violences policières que nous condamnons également. Nous condamnons la volonté de faire porter la responsabilité des événements sur le syndicaliste arrêté, criminalisé et qui mérite justice et vérité. Afin que le calme et la sérénité puissent retrouver leur place,  nous exigeons des excuses et redemandons que la Mairie de Clermont-Ferrand autorise les citoyens, associations et syndicats à débattre, se rassembler et occuper la place de leur ville.

JE SIGNE SANS ATTENDRE !

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