Atteintes à la laïcité à l’école, quelle ampleur ?

Une enquête de la LICRA

SONDAGE EXCLUSIF. Une multiplicité d’attitudes relevant de l’entre-soi est observée au sein même de l’école. Une école laïque pourtant censée être le lieu de suspension des assignations, un sanctuaire destiné à former des citoyens libres. Cette étude est le deuxième volet du sondage sur les lycéens et la laïcité que le DDV avait publié en mars dernier. Analyses de François Kraus, directeur du pôle « Politique / Actualités » de l’Ifop, et de Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale.

Tablées, toilettes ou robinets séparés en fonction de la religion des élèves, cours sur l’égalité des sexes contestés au nom de la religion, refus de donner la main à un(e) camarade, requêtes de menus conformes aux normes confessionnelles… Contrairement aux idées reçues, la loi interdisant les signes religieux à l’école (2004) n’empêche pas les tensions nées des diverses formes d’affirmations identitaires affectant le contenu des cours aussi bien que l’organisation d’autres aspects de la vie scolaire (ex : cantine, sorties scolaires…). Or, alors que les premiers travaux mettant en exergue ces problèmes remontent à près d’une vingtaine d’années1, les données permettant de mesurer précisément cette poussée du religieux à l’école manquent encore cruellement : la majorité des académies estimant que les différentes voies de signalement existantes (ex : Valerep) ne donnent qu’une vision « très incomplète de la réalité des atteintes au principe de laïcité en milieu scolaire »2.

Afin de mieux cerner l’ampleur des tensions identitaires et des refus d’activités pédagogiques que ces revendications religieuses provoquent en milieu scolaire, la Licra et sa revue Le DDV ont commandé à l’Ifop une enquête visant à évaluer dans quelle mesure les lycéens sont confrontés dans leur scolarité à ces entorses au principe de neutralité religieuse. Pour cela, l’Ifop a un mis en place un dispositif d’étude reposant sur un échantillon représentatif d’un millier de lycéens qui permet, entre autres, d’évaluer le rôle que peuvent jouer sur le sujet certains contextes sociaux ou scolaires comme le fait d’être dans une banlieue « pauvre » ou un lycée classé « prioritaire » (selon l’OZP).

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=> Toute l’enquête disponible

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