Film de Akira Kurosawa 1950 88mn
Lion d’or à la Mostra de Venise 1951. Oscars en 1952
Kurosawa est un des plus grands maîtres du cinéma. Il est l’auteur de bien des chefs d’œuvre tels Rashomon, Les sept samouraïs, Vivre, Dersou Ouzala.
Rashomon est tourné en 1950, soit au milieu de sa carrière.
A cette époque Kurosawa et même l’ensemble du cinéma japonais sont quasiment inconnus en Occident. Le film a fait l’effet d’une bombe ; non seulement dans le monde des cinéphiles, mais également dans l’ensemble du public.
Rashomon est d’abord un film sur la Justice, et sur les difficultés pour les juges d’exercer la justice. Une difficulté toujours existante, en dehors des questions de pressions politiques ou populaires.
Il est également possible de lire cette œuvre au-delà de la justice, en extrapolant hors du cadre judiciaire, la question étant plus généralement celle des liens entre Parole et Vérité. Ajoutons que, ici, il n’y a pas de mensonges, la Parole est pure. Kurosawa montre que toute parole est prononcée par tel individu qui a tel vécu, tel statut social, tels rêves, qui appartient à telle communauté…
Et quand un individu perd la face, il s’en sortira honorablement, c’est-à-dire en conformité avec sa culture.
Le Bandit parle d’un combat loyal pour conquérir la femme dont il est amoureux, combat loyal demandé par la femme pour une question d’honneur.
La femme sommée de choisir entre deux hommes, et refusant de faire ce choix, détache son mari après le départ du bandit et est glacée d’effroi devant son mépris, et s’évanouit. Au réveil, elle découvre le cadavre.
L’âme du Samouraï parle d’une embuscade, d’un combat où il est vaincu, de la trahison de sa femme qui demande au bandit de le tuer, sa délivrance par le bandit, et de son suicide
Pour le moine, les âmes ne sauraient mentir.
Jusqu’au bucheron, qui est hors de l’affaire, mais découvreur du cadavre ou témoin ( ?). S’il trouve des indices autour du cadavre en forêt, qu’en fait-il ?
Quant au passant, il demeure muet.
La vérité est ailleurs, par exemple lors du combat, peur de mourir et peur de tuer sont bien visibles. Le corps ne ment pas.
Kurosawa ne fait pas un exposé abstrait sur la Justice, la Vérité, il ne démontre rien. Il montre.
Même si Kurosawa n’est pas un disséqueur de l’âme humaine, ce film a une résonance certaine avec l’œuvre de Pirandello où chacun a sa vérité.
Projection dans la chaumière de Aulagnier petit au Mazet St Voy
Lundi 18 Août à 20h30
Réservations
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