Préfecture de Haute-Loire : souffrance au travail des agents et discrimination syndicale

A l’appel de la CGT 43 et de la CGT intérieur, près de 150 manifestants se sont regroupés devant la préfecture au Puy-en-Velay mardi 11 octobre 2022. Ils entendaient exprimer leur solidarité avec les agents de la préfecture qui dénoncent leurs conditions de travail et avec les représentants syndicaux CGT victimes de discriminations parce qu’ils les défendent.

Communiqué de la CGT

Soutien aux agents de la préfecture 43 et au syndicat CGT intérieur 43 qui défend leurs conditions de travail [Déclaration CGT 43]

Au nom de l’Union Départementale CGT de Haute-Loire, de ses syndiqués et de ses syndicats, Pierre Marsein a apporté le soutien de la CGT 43 aux personnels de la Préfecture de la Haute-Loire qui dénoncent leur souffrance au travail et au syndicat CGT Intérieur 43 qui s’en est fait le relais :

Le mal-être au travail à la préfecture est bien réel

« Oui, Monsieur le Préfet le mal-être au travail à la préfecture est bien réel.

Le 1er octobre 2020, plusieurs agents de la préfecture sont venus vous rencontrer pour vous faire part, en toute loyauté, en toute confidentialité, de dysfonctionnements anciens et répétés d’une partie de la hiérarchie. Vous les avez convoqués à nouveau trois semaines plus tard pour qu’ils confirment leurs propos en recueillant toutes les preuves nécessaires. Cela a valu à ces cinq agents une plainte puis une convocation au commissariat. Affaire classée sans suite évidemment. Mais sans aucun soutien, ni excuse de votre part.

Ce même 1er octobre 2020 une cinquantaine d’agents est venue assister à une information syndicale de la CGT animée par des représentants de la CGT Intérieur et de l’UD 43. Les agents ont certes écouté attentivement nos positions sur les salaires, les retraites et action publique 2022, mais ils étaient surtout venus pour exprimer leurs souffrances !

Dysfonctionnements managériaux et de problèmes d’organisation du travail pointé par un cabinet extérieur d’audit mais aucun enseignement tiré

Oui, Monsieur le Préfet la préfecture souffre de dysfonctionnements managériaux et de problèmes d’organisation du travail. Et ce n’est pas la CGT qui le dit mais le cabinet que vous avez fait intervenir en novembre et décembre 2020 !

Relisez les conclusions de ce qui avait été écrit il y a deux ans. Aucun enseignement n’en a été tiré, aucune mesure prise à l’encontre des membres de la hiérarchie qui avaient eu des mauvais comportements à l’égard des agentes et des agents… et qui continuent encore. Non seulement il n’y a pas eu de sanction, mais cette hiérarchie a été confortée dans ses missions, avec des propositions de promotions.

PREFECTURE2

 Une pétition signée par la moitié des agents, des signatures retirées par suite de pressions et d’intimidations

Sans évolution notable du management de l’administration, 68 personnes ont signé une pétition en juin 2022. 68 personnes, soit la moitié des agents. Cela n’a pas suffi, au contraire. Par deux courriers successifs, vous avez fait pression sur ces agents ; nombreux ont été convoqués par leur hiérarchie (chantage sur la prolongation d’un contrat, sur d’éventuelles mutations et promotions etc…). Certains ont, par cette intimidation, retiré leur signature… pendant que d’autres l’ont ajouté. Et implacablement, la pression mise sur les représentants syndicaux de la CGT de la préfecture est allée crescendo.

Oui, Monsieur le Préfet vous êtes le chef des services de l’État dans le département. Avec les différentes réformes de l’administration territoriale de l’État (que la CGT a combattues), votre emprise sur la gestion des personnels de l’État et vos prérogatives s’accroissent aux dépends des ministères. Vous avez un devoir d’exemplarité !! Vis à vis des agents publics, de la population, des entreprises et des salariés de ce département !

La CGT dit stop à la discrimination syndicale

Oui, Monsieur le Préfet l’exercice de la représentation syndicale du personnel est un droit. Remettre en cause son exercice, son expression, directement ou indirectement, en mettant des pressions collectives ou individuelles, cela s’appelle de la discrimination syndicale ! Les élus CGT sont légitimes par l’élection fonction publique de 2018. Mais peut-être aimeriez-vous vous passer de la CGT lors des élections professionnelles de 2022 ?

Les représentants syndicaux, agissent dans l’intérêt général des agents et de la population et se soumettent aux scrutins. Nous ne pouvons tolérer de telles discriminations. Laisser le couvercle sur la cocotte en faisant taire le siffleur, n’a jamais empêché de bouillir. En revanche, des arrêts maladie touchent encore trop d’agents… sans compter les souffrances de ceux qui n’osent s’exprimer.

Oui, Monsieur le préfet, ça bout dans votre préfecture et ce n’est plus tenable ni pour les personel-le-s, ni pour ses représentants CGT. Cela dégrade le service rendu à la population. C’est pour toutes ces raisons, que nous sommes réunis aujourd’hui pour les soutenir.

La CGT défend le service public

La CGT est attachée au service public et aux valeurs d’égalité et de solidarité qui vont avec. Nous les défendrons mordicus contre toutes les formes de despotisme !

Face à la pression exercée sur les agentes et les agents, face à la discrimination qui se renforce à l’encontre des syndicalistes dans l’exercice de leur mandat, la solidarité et la détermination de la CGT seront sans faille.

Vive la lutte, vive la CGT, vive les agents de la préfecture et leurs représentants syndicaux ! « 

Une délégation de la CGT du Ministère de l’Intérieur était présente pour soutenir cette action

Déclaration de la CGT Intérieur concernant le rassemblement devant la Préfecture de Haute-Loire mardi 11 octobre 2022

Une délégation de notre organisation est présente ce jour au côté des agents et de nos camarades de la Préfecture de Haute-Loire afin de les soutenir dans leurs légitimes revendications.

Subissant depuis des années de trop nombreuses réformes et réorganisations mortifères pour les agents et les usagers, ils sont nombreux aujourd’hui à vouloir donner un coup d’arrêt à ces politiques.

Les réformes successives dont la propagande ministérielle tente de nous vendre la soi-disant efficience n’aboutissent en fait qu’à une réduction des effectifs et des moyens pour les agents publics et une dégradation permanente du service rendu à l’usager. Ainsi, le plan préfecture nouvelle génération à vu se « bunkeriser » les services des cartes grises, permis de conduire et CNI/Passeport qui sont aujourd’hui fermés au public et traités dans des centres d’expertise (CERT) sous-dimensionnés.

Plus récemment la mise en place des secrétariats généraux communs départementaux (SGCD) a regroupé toutes les fonctions supports pour l’ensemble des administrations territoriales de l’État : ressources humaines, logistiques, budgétaires, service informatique et communication (SIC). Cette réforme menée tambour battant pendant la crise sanitaire débouche sur une désorganisation totale de ces services et donc une charge globale de travail exponentielle pour les agents restants. Cette réforme a également un impact sur les conditions de travail de l’ensemble des services, les services RH chargés de porter les politiques de santé/sécurité au travail mais également les rémunérations étant totalement en souffrance.

Les agents de la préfecture de la Haute-Loire, tout comme leurs homologues des autres préfectures mais également des administrations territoriales de l’État (équipement, travail, cohésion sociale…) n’ont de cesse d’alerter par la voie de leurs représentants syndicaux les effets délétères de ces réformes. Pourtant les représentants de l’État dans les territoires préfèrent mener une politique de l’autruche. Particulièrement dans ce département, le Préfet semble vouloir se distinguer dans un approche « autistique ». Alors même que plusieurs dizaines d’agents représentant plus de la moitié des effectifs dans un esprit d’ouverture se sont manifestés au travers d’une pétition pour dénoncer leurs conditions de travail, le Préfet a préféré manipuler menaces et intimidations pour faire taire la contestation. Drôle de pratique pour une homme se revendiquant comme un champion du dialogue social.

Non content de rester sourd aux alertes de ses agents, alerte dont les motifs ont été pour la petite histoire confirmée par un cabinet d’audit extérieur, M. le Préfet cherche de surcroît à faire porter la responsabilité à nos élus locaux CGT. Ceux-ci font l’objet d’attaques personnelles en instance ou en dehors allant même jusqu’à des menaces à peine voilées sur leur carrière personnelle.

Certains pensent que cela suffirait, mais non !!! Des pratiques managériales dignes d’un autre temps ont court depuis des années et sont couvertes par le Préfet et l’ensemble du haut encadrement. A croire que la souffrance liée aux réformes ne suffisait pas.

Face à ce rouleau compresseur, nous ne pouvons que saluer le courage des collègues qui auront décidé de braver les interdits préfectoraux pour nous rejoindre à ce rassemblement. Lors de nos passages dans les services beaucoup d’agents ont manifesté leur soutien nous expliquant préférer ne pas nous rejoindre par crainte des représailles. C’est dire la peur qui règne de l’autre côté de ces murs.

La CGT Intérieur a bien évidemment fait remonter ces difficultés auprès du secrétariat général du ministère de l’intérieur et utilisé l’ensemble des outils mis à notre disposition nationalement pour protéger les conditions de travail de nos collègues.

Notre présence ce jour ne vise qu’un seul but, montrer à nos collègues et camarades qu’ils ne sont pas seuls face à des tels individus. La CGT fidèle à ses principes de solidarité et de détermination sera toujours mobilisée pour défendre ce qui finalement est notre cœur de métier : de meilleures conditions de travail pour un meilleur service public rendu à l’usager !!!!!

Vive les luttes !!! Vive la CGT !!!!

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