Rassemblement pour Madama

Le rassemblement prévu sur la place du Breuil, devant la Préfecture a du se retrouver devant la Mairie. En effet, une autre manifestation était attendue, celle des agriculteurs. Ce changement de lieu a perdu un certain nombre de personnes venues avec leur pancarte en carton pour Madama. Malgré ce quiproquo, 200 à 300 personnes se sont retrouvées place du Martouret pour soutenir Madama et Eric Durupt. Pour ce dernier c’est le 11e jour de grève de la faim. Eric et sa compagne, Véronique accueille Madama depuis plus de 2 ans. Il fait partie de la famille et il est impensable pour eux qu’il soit expulsé.

Eric et Véronique sont étonnés et émus de la solidarité qui se révèle autour d’eux. La pétition qu’ils ont mis en ligne a reçu à ce jours plus de 30 000 signatures. Pendant sa prise de parole, Eric rappelle que nous sommes en Haute-Loire, en terre de Justes et qu’il faut honorer cette mémoire. Mais pour les gens présents, la solidarité est spontanée; ils n’ont pas besoins de référence historique pour être là. Plus tôt dans la journée des lycéens se sont mis à genoux dans la cours de leur lycée en soutien à Madama. Les sanglots étouffent Eric en évoquant ce geste. Certes, la fatigue de la privation de nourriture exacerbe les émotions mais plusieurs fois pendant sa prise de parole Eric est submergée en parlant des organisations politiques et syndicales présentent, des messages reçus, des signatures qui affluent.

Et l’émotion est présente aussi dans l’assemblée parce qu’aujourd’hui on n’a pas là pour défendre un texte de loi ou une circulaire, mais pour défendre un être vivant, un garçon au sourire naïf, aux grands yeux étonnées, à la silhouette encore adolescente. Il a 18 ans, la majorité ici, mais à 18 ans on est encore qu’un adolescent.

Après 2 heures passées place de la mairie, tout le monde se déplace vers la Préfecture où le fumier déversé par les agriculteurs a été nettoyé.

Une délégation composée par des représentants syndicaux est reçu avec Eric et sa compagne Véronique, par Monsieur Plasseraud au service des étrangers. Malgré la pluie froide un groupe patiente sur la place. A 18h la délégation réapparait et nous font un résumé de l’entrevue.M. Plasseraud est favorable à une autorisation de travail temporaire pour Madama, précisant bien qu’il faut que cette décision soit approuvée par le Préfet et la Direccte (Direction du travail). De fait, la Direccte donne un avis technique et c’est bien le Préfet qui valide les autorisations de travail. Tout le monde s’accorde pour dire que cette promesse n’est pas une certitude et qu’elle est donnée sans garantie. Aussi tout le monde est d’accord pour se donner rendez-vous le lendemain, même heure, même endroit, avec Thermos, pique-nique et ce qu’il faut pour tenir.

« On attend des papiers pour Madama, une carte de séjour. On lâche rien !»

Eric Durupt, présent malgré la fatigue de 11 jours de grève de la faim s’est adressé à tous et a exprimé son attachement à Madama, sa détermination à continuer jusqu’à l’obtention d’un résultat. Il était saisi par l’émotion en évoquant tous les soutiens qui lui arrivent chaque jours et qui occupent pratiquement tout son temps.

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