Une Nuit à l’Assemblée Nationale

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Les films de Jean-Pierre Mocky ne laissent jamais indifférent. Celui-là moins qu’un autre.

Une nuit à l'Assemblée nationale

Un film qui a déchaîné les critiques, et qui a certainement coûté cher dans la carrière de Mocky. Avec lui il y a les pour et les contre. Pas de demie-mesure, comme dans ses films. Pas la peine de préciser que nous sommes pour. C’est pour ça que La Lorgnette, associée avec l’Espace Culture du Monastier et l’Assemblée de St-Vincent prend le risque de le présenter. Décapent, outrancier, il fera grincer des dents, et nous vaudra certainement des critiques. Venez le voir et on en discutera.

[dropcap style= »inverted »]A[/dropcap]lors que les députés sont en pleine session, le député-maire de Nouarchak y emmène trois naturistes du camp, qui a permis le développement hôtelier et industriel de sa ville. Walter Arbeit, militant de la nudité et de la nourriture naturelle, par ailleurs père dévoué de (bientôt) dix enfants, va recevoir, grâce à lui, la Légion d’Honneur, que lui remet en petite pompe Tutti Frutti. En fait, le député Dugland la lui a payée plus de 20 000 F. Cependant, la (presque) perpétuelle candidate aux Présidentielles, Henriette Brulard, l’employée de banque gauchiste bien connue, se dispute dans les tribunes de l’Assemblée avec Octave Leroi, royaliste louche. En fait, c’est lui qui dirige le trafic de médailles, en lien avec son beau-frère le ministre Marius Agnello, avec qui il partage la jeune Olympe. Arbeit, scandalisé, se confie à Kayser, le photographe zélé toujours à portée d’oreilles, et à Henriette, qui brûle d’en appeler au peuple. Quant à Leroi, il est bien décidé à ne pas se laisser faire! Et chacun de s’agiter, de fouiner et de comploter. Les coups fourrés s’accumulent. Mais manifestement le vrai pouvoir veille, lui, dans l’ombre et ramène toute cette agitation à sa vraie dimension. Et pourtant, Arbeit et Henriette n’auront pas hésité à investir l’Assemblée et à haranguer les députés, du haut de la tribune, ou cramponnés, tel Tarzan, à une corde!

UNE NUIT A L’ASSEMBLÉE NATIONALE – dont le titre fait référence aux Marx Brothers – est sorti entre les deux tours des élections législatives, le tournage ayant eu lieu début 1988.

[dropcap]A[/dropcap]vant la sortie du film le 8 juin 1988, une projection à huit clos fut organisée par le distributeur Jean Labadie (Bac films) pour les journalistes politiques sans que Mocky en soit au courant. L’Elysée craignait que le film ait une incidence sur le taux de participation électoral au deuxième tour des Législatives, le taux des abstentionistes étant déjà élevé 32 % au soir du premier tour. Suite à cela, Mocky se fâcha avec Bac films et UGC, ce qui lui ferma la porte de beaucoup de salles. Mocky accusa la presse d’être muselée, la publicité fut supprimée, le film fut retiré de l’affiche dès la deuxième semaine. Pour Mocky, « Une nuit à l’assemblée » mit un coup d’arrêt à sa carrière commerciale, il ne rencontra plus le succès et les critiques rendirent moins compte de ses films. Il est clair que dans sa filmographie il y a un avant et un après « Une nuit à l’assemblée » où il est devenu tricard dans la profession.

Projections : 

  • 26/02/14 : Espace Culturel, Le Monastier-sur-Gazeille, 20h30
  • 27/02/14 : L’Assemblée, St-Vincent, 19h30

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