Assurance chômage : le nivellement par le bas

[dropcap style= »inverted »]L[/dropcap]e patronat – Medef en tête – a, le 12 février dernier, rendu public une «proposition de document-cadre pour l’accord national interprofessionnel relatif à l’indemnisation chômage » qui s’en prend violemment aux droits de tous demandeurs d’emploi. Sous couvert d’équité, il préconise de reconfigurer et de niveler par le bas les droits de tous les chômeurs. Il propose ni plus ni moins la suppression des annexes 8 et 10 applicables aux artistes et techniciens du spectacle vivant et enregistré engagés par intermittence.

Une première riposte a eu lieu le jeudi 13 février avec l’occupation du hall de l’immeuble « Les Bons Enfants » du ministère de la Culture et de la Communication. A cette occasion, des engagements clairs ont été demandés au gouvernement afin que soient garantis les droits sociaux des salariés de ces secteurs d’activité face. En substance il est demandé une déclaration des ministères du Travail et de la Culture indiquant qu’il n’y aurait pas d’agrément de la prochaine convention d’assurance chômage sans le maintien des annexes 8 et 10 dans la solidarité interprofessionnelle. Les professionnels réclament également que les 2 ministères garantissent des négociations loyales et démocratiques où toutes les propositions et leurs chiffrages soient débattus (cf. un résumé de ces propositions alternatives qui sont indissociables pour une véritable réforme du régime spécifique d’assurance chômage des artistes et techniciens du spectacle PDF ICI).

Suite à l’occupation du Ministère de la Culture le 13 février, la ministre de la Culture et de la Communication — Aurélie Filippetti — a pris une position claire dans le quotidien « Le Parisien » daté du 16 février pour s’opposer aux visées du Medef. Il s’agit là d’un premier acquis de la mobilisation.

Plusieurs rendez-vous sont d’ores et déjà arrêtés :

— A Paris, une manifestation le jeudi 27 février à partir de 14H depuis la Place du Palais Royal pour se rendre devant le siège Medef où aura lieu une nouvelle séance de négociation sur l’assurance chômage (55 avenue Bosquet 75007 Paris – M° École militaire).

D’autres initiatives auront lieu le même jour en régions (pour connaître les rendez-vous et modalités, consultez le site Internet www.fnsac-cgt.com).

— Autre rendez-vous, la deuxième édition des « marches pour la Culture » le 12 mars prochain à Paris et en régions.

Extrait de l’interview d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, lors des 29e Victoires de la musique (Le Parisien du 16:02/14).

[…] Que répondez-vous au Medef qui propose de supprimer le régime des intermittents ?
AURÉLIE FILIPPETTI. Le Medef a une attitude agressive et scandaleuse. Il veut tuer la culture. Je n’accepte pas les attaques de ce type contre des personnes, artistes et techniciens qui apportent cette dimension humaine indispensable à la société et qui contribuent à un secteur représentant 3,2 % du produit intérieur brut. C’est presque 59 Mds€ de valeur ajoutée, de richesse créée dans le pays. Economiquement, on a besoin des intermittents. Quand vous investissez un euro dans un festival ou un établissement culturel, vous avez 4 à 10 € de retombées économiques pour les territoires.
Comment interprétez-vous ces propos ?
Je n’accepte pas que l’on présente les intermittents comme des parasites. Ce ne sont pas des privilégiés. Le Medef s’attaque, au contraire, aux chômeurs les plus précaires et cherche un bouc émissaire, car il est incapable de s’engager sur des contreparties au pacte de responsabilité proposé par le président.[…]

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