Un dimanche comme un autre. Il fait doux pour ce début de printemps. Des enfants jouent sur l’ère de jeux de ce quartier populaire. Un homme surgit en hurlant muni d’un fusil.
Il tire en direction des enfants plusieurs coups. Les enfants fuient en zigzagant pour échapper aux tirs. Un plomb effleure l’un d’eux au mollet.
Les témoins appellent la police. L’homme est arrêté et avoue avoir «tiré accidentellement en l’air».
Des plaintes sont déposées, des témoignages sont enregistrés. Une procédure est ouverte pour violence avec arme mais ne fait pas apparaître les insultes qui auraient été lachées. Très vite les habitants ont le sentiment de ne pas être entendus.
Selon eux, l’homme auraient proféré des insultes racistes et serait un habitué de ce type de propos. La veille une des témoins aurait envoyé un mail à l’agence de gestion pour signaler une énième fois le comportement inquiétant de cet homme. Il habite en rez-de-chaussée, devant l’ère de jeux où dès qu’ils en ont l’occasion les enfants jouent au ballon, au foot. L’homme dit subir les cris et le ballons dans les fenêtres. Depuis plusieurs années, la colère monte, les insultes fusent. Et ce dimanche, les limitent sont dépassées.
Depuis ce dimanche 19 avril, les habitants se sont concertés et ont évalué leur déposition respective. Ils ont le sentiment que l’aspect raciste est minimisé, que cet aspect n’aurait pas été relevé dans les dépositions qu’ils ont faites.
Ils font appel à des associations telles que SOS Racisme pour les aider à se défendre et organisent un rassemblement sur les lieux de l’agression. Des photos et des vidéos circulent montrant cet homme aux prises avec une voisine hurlant des propos insultants, ou pointant un fusil devant les garages.
Samedi 25 avril, quelques centaines de manifestants (de 300 à 400) se rassemblent place René Cassin pour témoigner leur soutient et leurs inquiétudes. Avec des résidents du HLM l’Arbousset, se sont joints des élus d’opposition du Puy et de la Région, sont représentées de nombreuses organisations et associations, des organisations antifascistes, des syndicats, tels que la CGT, la France Insoumise, la LICRA, Rafahl, RESF, et d’autres encore. Les membres de SOS Racisme se sont déplacés de Saint-Etienne, Lyon et Paris devant la gravité de la situation. L’affaire doit passer au tribunal en juillet prochain.

