Prévu pour le vendredi 04 juillet, place de la Fontaine au Chambon-sur-Lignon, le rassemblement organisé par le Collectif autonome de Haute-Loire a été interdit par le préfet Yvan Cordier. Une décision incompréhensible pour les organisateurs, les syndicats, la Société d’Histoire de la montagne et la Fédération communiste de Haute-Loire.
Le Collectif autonome de Haute-Loire, composé entre autres d’habitants et d’habitantes du Plateau du Vivarais-Lignon, avait appelé à un rassemblement en soutien du peuple palestinien. Une manifestation interdite par le préfet de Haute-Loire, Yvan Cordier, qui a publié un arrêté le 2 juillet, dans lequel il déclare « que cette manifestation prend place dans un contexte de tensions vives au Moyen-Orient en raison des attentats perpétrés par le Hamas […] le samedi 7 octobre 2023 » et « que ce conflit est à l’origine, en France […] d’une forte recrudescence des actes à caractère antisémite ».
La manifestation s’est tenu malgré cela, dans le calme. Pourtant le Préfet a adressé un courrier désignant comme responsable la Librairie Le Sabot du Chambon. Le collectif d’organisation s’indigne contre cette position incompréhensible.
EN DEFENSE DES LIBERTES FONDAMENTALES ET CONTRE LE DEUX POIDS DEUX MESURES PREFECTORAL Le 4 juillet 2025, un rassemblement pacifique en soutien au peuple palestinien s’est tenu au Chambon-sur-Lignon, bien qu’il ait été interdit par la préfecture de Haute-Loire. S’en est suivi, le 9 juillet, un courrier préfectoral d’intimidation au libraire local, désigné à tort comme organisateur. Cette intimidation administrative cible la librairie du Sabot, lieu de culture généraliste et d'engagement humaniste. Nous, membres du Collectif Autonome de Haute-Loire, revendiquons collectivement l’organisation de ce rassemblement qui s’est tenu dans la dignité, sans débordement et dans le respect des principes qui devraient fonder toute démocratie digne de ce nom : la liberté d’expression, la liberté de réunion et la solidarité avec les peuples opprimés, livrés à une logique exterminatrice. Dans le même temps, nous dénonçons l’existence et la banalisation d’une librairie d’extrême droite au Puy-en-Velay nommée « les Arts Enracinés », qui s’affiche sans complexe comme un relais de la pensée néonazie. On y trouve Mein Kampf, des ouvrages révisionnistes, des pamphlets antisémites, des symboles du IIIe Reich et de multiples autres publications faisant l’apologie du national-socialisme. Une vidéo dans laquelle le libraire des « Arts Enracinés » fait un salut nazi circule sur les réseaux sociaux. Là-dessus, pas un mot de la préfecture ! Pas un rappel à la loi. Pas de convocation. Pas une descente de gendarmerie. L’antisémitisme a pignon sur rue et l’État regarde ailleurs. C’est-à-dire en terre protestante où la population fut longtemps persécutée et a toujours su résister. Ici, le préfet et ses sbires envoient plusieurs dizaines de gendarmes, bloquent le village, font fermer médiathèque, lieu de culte et Lieu de Mémoire, sous l’œil inquisiteur d’au moins sept drones pour verrouiller le village. Ainsi, dans ce département, on peut tranquillement vendre le programme d’extermination hitlérien, mais on ne peut pas s’opposer publiquement au génocide en cours du peuple palestinien. Voilà où nous en sommes. Ce deux poids, deux mesures est le signe inquiétant d’une dérive autoritaire. Il révèle un pouvoir plus prompt à sanctionner les humanistes qu’à freiner les propagandistes du fascisme. Cette inversion des valeurs constitue non seulement une atteinte grave aux libertés fondamentales, mais une violation de la mémoire de notre village, le Chambon-sur-Lignon, reconnu Juste parmi les Nations pour avoir protégé tous et toutes les persécuté.e.s sous le régime de Vichy. En interdisant un rassemblement pacifique dans ce lieu hautement symbolique, l’État souille la mémoire des résistant.e.s et prépare le terrain à l’extrême droite. Nous, Collectif Autonome de Haute-Loire, revendiquons collectivement l’organisation du rassemblement du 4 juillet et ne saurions laisser l’État accuser individuellement et sans fondement le libraire du village. Nous souhaitons apporter par ce communiqué tout notre soutien à la librairie du Sabot et son libraire injustement accusé. Collectif Autonome de Haute-Loire

