Editorial du « Monde » : combattre Big Brother

Le Monde.fr | 21.10.2013  • Mis à jour le 22.10.2013

Par Natalie Nougayrède (directrice du Monde et directrice des rédactions )

C’est un nouvel épisode des révélations Snowden, du nom de l’ancien consultant de la National Security Agency (NSA) américaine qui dénonce l’ampleur de la surveillance électronique pratiquée par les Etats-Unis sur la planète : Le Monde s’est procuré une partie des documents de l’ex-agent.

Nos journalistes ont travaillé en lien avec son associé, le journaliste et bloggeur américain Glenn Greenwald, qui contrôle cette masse de données, et vit au Brésil. D’autres journaux internationaux, dont le Guardian, ont cette année fait la lumière sur de multiples aspects de cet espionnage électronique de masse.

Le Monde s’est concentré sur la façon dont la NSA a travaillé sur des cibles françaises. Le Monde collabore avec Glenn Greenwald et son équipe depuis le mois d’août. Dépositaire des documents depuis qu’il a interviewé Edward Snowden en juin pour le Guardian à Hong-Kong, le journaliste, ancien avocat et défenseur des libertés publiques, interviendra désormais dans nos colonnes, dans un effort conjoint visant à rendre intelligibles et à mettre en perspective les informations contenues dans ces milliers de fiches.

Le Monde a constitué une équipe d’une dizaine de journalistes qui ont travaillé principalement sur deux axes : l’histoire du programme de surveillance « Prism«  de la NSA, récapitulant certains éléments déjà publiés par des médias étrangers collaborant avec M. Greenwald ; et la surveillance de la France par les services de renseignements américains, dont peu d’éléments avaient filtré jusqu’à présent.

TRAVAIL D’ENQUÊTE

La nature très diverse de ces documents et leur grande technicité nécessitait, pour chacun d’entre eux, un examen minutieux et une analyse approfondie, pour tenter de leur donner tout leur sens et leur valeur. Les documents de la NSA obtenus par Le Monde ont aussi donné lieu à un travail d’enquête en France. Nous avons fait réagir des sources officielles françaises à ces informations. Le Monde considère que le public ne doit pas être maintenu dans l’ignorance de programmes d’écoutes et d’espionnage prenant des dimensions telles qu’ils mettent à bas tout principe de contrepoids en démocratie.

Natalie Nougayrède

Lire la suite : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/10/21/editorial-du-monde-combattre-big-brother_3499858_651865.html

La France espionnée par la NSA

Édition abonnés Contenu exclusif

[hr_3d]

Comment la NSA espionne la France

Le Monde | 21.10.2013         Par Jacques Follorou et Glenn Greenwald (Journaliste)

L’avenir dira peut-être, un jour, pourquoi Paris est resté si discret, par rapport à Berlin ou Rio après les révélations sur les programmes d’espionnage électronique américain dans le monde. Car la France a été tout autant ciblée et dispose aujourd’hui de preuves tangibles que ses intérêts sont quotidiennement visés.

Selon les documents de l’Agence nationale de sécurité (NSA) obtenus par Le Monde, les communications téléphoniques des citoyens français sont, en effet, interceptées de façon massive. Ces pièces, dévoilées en juin par l’ex-consultant de l’agence, Edward Snowden, décrivent les techniques utilisées pour capter illégalement les secrets ou la simple vie privée des Français. Certains éléments ont été évoqués par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel et le quotidien britannique The Guardian. D’autres sont inédits.

Parmi les milliers de documents soustraits à la NSA par son ex-employé figure un graphique qui décrit l’ampleur des surveillances téléphoniques réalisées en France. On constate que sur une période de trente jours, du 10 décembre 2012 au 8 janvier 2013, 70,3 millions d’enregistrements de données téléphoniques des Français ont été effectués par la NSA.

LES TROIS PARTIES

L’agence dispose de plusieurs modes de collecte. Quand certains numéros de téléphone sont utilisés dans l’Hexagone, ils activent un signal qui déclenche automatiquement l’enregistrement de certaines conversations. Cette surveillance récupère également les SMS et leur contenu en fonction de mots-clés. Enfin, de manière systématique, la NSA conserve l’historique des connexions de chaque cible.

Jacques Follorou, Journaliste au Monde

Lire la suite : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/10/21/comment-la-nsa-espionne-la-france_3499758_651865.html

 [hr_3d]

L’ampleur de l’espionnage mondial par la NSA

Le Monde | 21.10.2013

Par Martin Untersinger

Au cours de l’été, les documents fournis au Guardian et au Washington Post par l’ex-employé de la NSA Edward Snowden ont contribué à lever le voile sur l’ampleur de la surveillance et de l’espionnage menés par la NSA et ses alliés. Le Monde a désormais également accès à une partie de ces documents.

Avant l’été, la NSA était la plus secrète des agences de renseignement des Etats-Unis. Puis est venu Edward Snowden, qui s’est vu accorder un droit d’asile pour un an en Russie. Voulant dénoncer « le plus vaste programme de surveillance arbitraire de l’histoire humaine », l’Américain travaillant pour un sous-traitant de la NSA s’est procuré plusieurs des milliers de documents hautement confidentiels.

Début juin, les premiers secrets de l’Agence nationale de sécurité contenus dans ces pièces commencent à filtrer. Le Guardian révèle que l’opérateur téléphonique Verizon fournit à la NSA les données téléphoniques de plusieurs millions d’Américains, en vertu d’une ordonnance judiciaire top secret. Puis, c’est au tour du programme Prism d’être dévoilé. Il permet aux services secrets américains, et en tout premier lieu à la NSA, d’accéder de manière privilégiée, depuis décembre 2007, aux données de neuf grandes entreprises d’Internet, dont Google, Facebook et Microsoft.

SURVEILLANCE DES CÂBLES SOUS-MARINS

Un document de formation interne sur Prism, auquel Le Monde a eu également accès, explique comment les analystes de la NSA peuvent interroger les bases de données des géants du Web, à la recherche de documents, de courriels ou de discussions instantanées. Le tout dans un cadre juridique qui les affranchit de la demande d’un mandat individuel. Les entreprises citées par les documents ont démenti le fait que la NSA avait un accès direct et unilatéral à leurs serveurs.

A côté de cette surveillance ciblée, les documents Snowden dévoilent une autre méthode de collecte massive de la NSA dénommée Upstream. Ce système permet de prélever les données depuis les câbles sous-marins et les infrastructures d’Internet. Une stratégie logique, lorsqu’on sait que 99 % des communications mondiales transitent désormais par la voie sous-marine.

L’équivalent britannique de la NSA, le Government Communications Headquarters (GCHQ), joue un rôle de premier plan dans ce système, en raison de la proximité historique de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, des accords confidentiels et d’une dépendance financière des services de Londres à ceux de Washington. Il existe aussi des raisons techniques : une partie importante des câbles sous-marins qui relient l’Europe à l’Amérique passe par la Grande-Bretagne. Grâce à Edward Snowden, le programme Tempora, qui vise à « maîtriser Internet » en surveillant ces câbles, a ainsi été révélé. « Vous êtes dans une position enviable, explique un document de présentation de Tempora, présenté par le Guardian, amusez-vous et tirez-en le meilleur parti. » Au détour d’une page du document de présentation du programme Prism, on découvre qu’Upstream s’appuie sur quatre programmes (Blarney, Fairview, Oakstar et Stormbrew) dont on ne connaît, à ce jour, que les grandes lignes. Fairview, par exemple, porterait en grande partie sur les interceptions des conversations téléphoniques via les grands opérateurs américains.

OUTILS D’ANALYSE DES DONNÉES

 Lire la suite : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/10/21/l-ampleur-de-l-espionnage-mondial-par-la-nsa_3499756_651865.html

Documents en ligne

« Le Monde » a décidé de rendre public une sélection de documents issus de la présentation de 41 pages décrivant le fonctionnement du programme Prism aux analystes. C’est sur la base de cette présentation, à laquelle « Le Monde » a accès dans son intégralité, que le Guardian et le Washington Post ont révélé l’existence de ce programme. Le Monde a choisi de ne pas reproduire la majorité des documents de la présentation du programme Prism exhumée par Edward Snowden. La plupart sont très techniques et n’apportent que peu d’informations. Certains, sont extrêmement sensibles. Un certain nombre de ces documents ont déjà été publiés par le Washington Post et le Guardian. Deux des documents suivants (p. 4 et 7) sont inédits à ce jour.

Martin Untersinger, Journaliste au Monde

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/10/21/l-ampleur-de-l-espionnage-mondial-par-la-nsa_3499756_651865.html

 [hr_3d]

Espionnage de la NSA :

tous les documents publiés par « Le Monde »

Le Monde.fr | 21.10.2013

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/10/21/espionnage-de-la-nsa-tous-les-documents-publies-par-le-monde_3499986_651865.html

 A LIRE AUSSI :

• La NSA a récupéré 250 millions de contacts mails
• ZOOM : La NSA, puissance mondiale du renseignement
• ZOOM : Les échanges cryptés n’ont pas de secret pour la NSA
• VIDEO : La NSA victime d’un canular
• L’INFO : Des diplomates français espionnés
• ZOOM : La NSA espionnait aussi les Nations unies
• REACTIONS : Le mea culpa de la Maison-Blanche
• LE CHIFFRE : 56.000 emails collectés par an
• POLEMIQUE : Le Guardian reçoit la visite des services secrets

http://www.europe1.fr/International/Espionnage-quand-la-NSA-surveillait-Wanadoo-1681065/

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

scroll to top