Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a annulé, le 25 mars 2025, l’arrêté préfectoral qui prolongeait la période de vénerie sous terre du blaireau en Haute-Loire pour la saison de chasse 2022-2023. Ce jugement est perçu comme une victoire pour la protection et le respect de la faune sauvage dans la région.
Présent sur presque tout le territoire, le blaireau reste pourtant très discret. Sa vie nocturne et souterraine lui a donné une mauvaise réputation. Il est encore aujourd’hui considéré par certains comme un « puant » à détruire et fait les frais de l’urbanisation croissante et de l’augmentation du trafic routier.
Des arrêtés préfectoraux infondés et contraires aux intérêts de la biodiversité
En France, non seulement les blaireaux sont inquiétés par la chasse de la mi-septembre au 15 janvier, mais ils peuvent également subir une « période complémentaire » de déterrage entre le 15 mai et l’ouverture de la chasse générale, période de l’année où les jeunes non émancipés sont pourtant susceptibles d’être présents dans les terriers. Cette chasse, la vénerie sous terre, est particulièrement violente et destructrice non seulement des blaireaux, mais aussi de leur habitat qui est un refuge pour de nombreuses autres espèces, y compris protégées.
La mobilisation continue
Venir à bout de la vénerie sous terre du blaireau et sauver les blaireautins est un combat permanent qui se gagne avant tout devant les tribunaux. Chaque année, FNE Haute-Loire et FNE AURA aux côtés d’associations partenaires remportent de nouvelles victoires et font ainsi reculer ce mode de chasse sordide dans le département.
La mobilisation paie et doit rester forte. L’objectif de demain est de venir à bout de la vénerie sous terre définitivement par un projet de loi interdisant cette pratique.
(Communiqué de France Nature Environnement)
1. LE BLAIREAU EST-IL EN PROLIFÉRATION ?
Après des années de persécution, la population de blaireaux est en cours de rétablissement.
Le blaireau n’est pas une espèce prolifique et on ne peut pas considérer qu’il pullule. Chaque année, une femelle sur trois donne naissance à une portée et la mortalité juvénile est élevée. En milieu naturel, la plupart des individus ne dépassent pas l’âge de 4 à 5 ans. Les populations naturelles restent stables d’une année à l’autre.
Dans certaines régions, on constate une augmentation du nombre de blaireaux : il s’agit en réalité d’un rétablissement des effectifs après l’interdiction du gazage et l’éradication de la rage.

