Le festival La Belle Rouge de la Compagnie Jolie Môme ne se tiendra plus à Saint-Amant-Roche-Savine
Après près de vingt ans de présence dans ce village du Puy-de-Dôme, le festival artistico-politique La Belle Rouge, organisé chaque été depuis 2006 par la Compagnie Jolie Môme, ne se déroulera plus à Saint-Amant-Roche-Savine. La troupe l’a annoncé au printemps 2026, quelques mois avant la date prévue de l’édition de l’été.
Un changement de majorité municipale en cause
La cause de cette rupture est directement liée aux élections municipales de mars 2026. La liste sur laquelle figuraient notamment André Chassaigne et plusieurs proches de la compagnie a perdu le scrutin. Selon la compagnie, une rencontre avec le nouveau maire et une partie du conseil municipal a fait comprendre que le festival, qualifié de « manifestation des extrêmes », n’était plus le bienvenu dans le village.
Un rendez-vous qui a marqué le village
Le festival avait pris une ampleur notable au fil des ans. Lors des grandes éditions, il rassemblait plus de 1200 spectateurs par jour, quand la compagnie pouvait encore installer son grand chapiteau « l’Ogre Étoilé » à côté du cimetière, et encore environ 650 personnes par jour lors des dernières éditions post-Covid. Chaque année, fin juillet, le village vivait au rythme du théâtre, de la chanson, du cinéma et d’ateliers politiques. Cie-joliemome
Un départ dans la précipitation
Jolie Môme regrette de ne pas avoir pu anticiper ce changement pour mieux organiser la fin de cette aventure. La troupe aurait souhaité pouvoir dire au revoir « comme il faut » : faire un dernier festival un peu différent, offrir des surprises aux habitants qui l’accueillaient depuis trente ans, et laisser aux festivaliers le temps d’organiser leurs vacances autrement. Elle doit désormais trouver un nouveau lieu où planter son chapiteau, ainsi qu’un espace de stockage pour récupérer le matériel entreposé sur place.
Et maintenant ?
En attendant de trouver un nouveau point de chute pour l’été, la Compagnie Jolie Môme poursuit ses activités ailleurs en France, notamment en Île-de-France où elle organise des dîners-spectacles. La question reste ouverte : où renaîtra La Belle Rouge ?
Cher public,
Nous revenons de Saint-Amant.
Comme vous le savez peut-être, la liste dans laquelle figuraient André Chassaigne et plusieurs de nos ami(e)s a perdu les élections… Nous avons donc rencontré le nouveau maire ainsi qu’une partie du conseil municipal qui nous ont fait comprendre que le festival La Belle Rouge, « manifestation des extrêmes », n’était plus le bienvenu dans le village.
Saint-Amant est tombée, La Belle Rouge aussi.
Cela marque la fin de 30 ans de présence de notre troupe dans le village, dont 20 ans de festival.
Nous savons ce que représentait pour vous cet événement artistico-politique à contre-courant et combien vous étiez attachés à cette parenthèse, cette bouffée d’oxygène pour certains, cette occasion de retrouver chaque année les copains d’un peu partout pour d’autres… Vous étiez plus de 1200 par jour lors des grandes éditions, quand nous pouvions encore installer le grand chapiteau « l’Ogre Étoilé » à côté du cimetière, et toujours autour de 650 lors des dernières éditions post-covid.
Chaque La Belle Rouge c’était aussi, ces dernières années, une trentaine de salarié(e)s et une soixantaine de « brigadistes », qui nous donnaient des coups de main bénévolement, une dizaine de spectacles (sans compter ceux du « off ») et, en accès libre, une dizaine d’ateliers politiques, débats, conférences gesticulées, etc. C’était des retombées économiques sur le village et ses alentours : le café, la boulangerie, la pharmacie, les fournisseurs locaux de fromages, viandes, fruits et légumes, le distributeur de boissons, le brasseur, la maraîchère, la Poste, le village-vacances, sans oublier les multiples gîtes loués par vos soins à cette occasion…
La « culture » en milieu rural accessible à tous (les concerts étaient gratuits pour les Savinois).
Et tout ça, quasiment sans subvention.
Avec cependant l’aide indéfectible, en nature essentiellement (prêt de matériel, de locaux) de la municipalité précédente qui a également, sans coup férir, soutenu la Compagnie et le développement du festival. Nous avons bénéficié d’une entière liberté d’expression artistique et politique, la mairie nous assurant toujours de sa solidarité même lorsqu’elle a dû faire face à des pressions préfectorales par exemple…
Nous étudions des solutions de sauvetage :
- trouver un endroit où planter le chapiteau, où nous pourrions nous retrouver cet été ?
- où ?
- ou l’année prochaine,
- pour un nouveau La Belle Rouge,
- ou pas, mais pour quelques spectacles, débats.
Autre conséquence, nous allons devoir récupérer le matériel entreposé à Saint-Amant, gros boulot pour lequel nous aurons besoin de coups de main ! Mais avant il nous faut trouver le lieu de stockage… Où ?
D’ici-là, si vous passez en Île de France, nous organisons notre dîner-spectacle le samedi 9 mai à Saint-Denis où comme vous savez, enfin une bonne nouvelle, le maire qui nous avait virés avec tant d’arrogance de La Belle Étoile s’est fait chasser en beauté !
Bien, on vous tient au courant !
Jolie Môme.

