Petit compte rendu du convoi solidaire

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De retour de Grèce je vous fais part de nos premières impressions, en résumant brièvement ces 12 journées (pour ce qui concerne les partants d’Auvergne, plus pour d’autres)

Les 24 et 25 mars : départ de 26 fourgons solidaires (un de Belgique, un de Suisse, un d'Espagne et 23 de France), avec 62 personnes (dont 4 enfants)

10 tonnes d'articles divers (de l'électro-ménager aux couches culottes, en passant par du matériel médical, jouets, puériculture, articles scolaires, nourriture dont 1 tonne de lait infantile). Total “évalué” en terme financier à plus de 100 000 euros.
Embarquement en Italie le 26 mars, arrivée à Athènes le 28 : premières distributions et stockages dans trois lieux différents.
Jours suivants, suite des distributions : cantines solidaires, écoles, lieux de résidences, dispensaires (dans Athènes et environs proches) et travaux : construction d'un four à pain, sécurisation de la terrasse d’un bâtiment où résident des familles.
Répartition également des aides financières (selon collectes de soutien, total d’environ 18 000 euros) aux différents lieux (selon les besoins exprimés)
Samedi 1 avril au soir : inauguration du four à pain, premières fournées, partage et fête.
Samedi 1 et dimanche 2 avril : premiers retours en France, 7 fourgons continuent les livraisons à Thessalonique et deux embarquent pour la Crète, certains restent quelques jours de plus à Athènes.
Le 4 avril, retour à Clermont pour notre fourgon : mission accomplie, tout ce que nous avions récolté en Auvergne (colis et participation financière) a été acheminé et distribué, merci encore aux nombreuse personnes qui ont contribué à cette réussite, n’ayant pas les contacts de tous, chacun peut se faire l’écho de cette opération de solidarité.
Séjour plein d’émotions et de moments forts : une arrivée dans le centre d’Athènes en défilé des 26 fourgons attendus, des soirées festives (chaque lieu voulant nous inviter pour nous remercier), des déplacements et parkings difficiles dans les rues étroites et encombrées du centre d’Athènes, qui demandent une certaine dextérité des conducteurs... Certains se perdent parfois malgré les GPS et autres Smartphones... Notre fourgon étant équipé de rien (même nos téléphones étaient inopérants), nous employons une méthode qui a fait ses preuves depuis longtemps : on demande notre chemin aux passants...
Des moments de tension également : menaces d’attaques fascistes (n’oublions pas qu’en Grèce l’organisation fasciste  “L’aube dorée” est fortement représentée en certains endroits) contre les lieux d’accueil des réfugiés. On organise des veilles préventives.
En réponse à notre action de solidarité qui commence à se savoir (et qui déplait à certains), des médias nationaux nous dénigrent en disant que nous venons “attiser” les tensions et que la police devrait contrôler ce que nous apportons ???
Au port de Patras (à notre retour), on assiste à des courses poursuites entre policiers et migrants qui tentent de partir de Grèce (depuis l’accord dit “de Berlin”, chaque pays européen doit “contenir” les migrants arrivés sur son territoire), la Grèce avec ses nombreuses îles se retrouve être une des principales arrivées et doit donc “assumer” ce rôle de police.
Au retour, notre fourgon heureusement vidé  est fouillé par la douane Grecque (comme tout autre véhicule), arrivés en Italie c’est la douane Italienne qui recherche de la contrebande (objets “antiques”, tabac, animaux “exotiques”), nouvelle fouille... Nous n’avons que quelques bouteilles de vin, de l’huile, des oranges et des herbes aromatiques... Qui, après les avoir senti, n’intéressent pas les douaniers !!!!

Une organisation difficile mais assurée par Yannis, 26 fourgons et 62 personnes, qui pour la plupart ne se connaissaient pas avant, ce n’est pas facile à gérer. Les fourgons ayant été remplis de différents articles, il a fallu trier, décharger, puis recharger, se répartir selon les destinations... Des cartons qui passent de mains en mains et qu’il faut monter parfois au 3eme étage, ou descendre dans une cave...
Chaque matin une assemblée générale de tous, organisait la journée : formation des équipes, répartition des rôles, etc.
Décisions collectives pour les imprévus, discussion ouverte et transparente sur la répartition financière des soutiens collectés, avec confection d’enveloppes et remise publique à chaque collectif.

Des centaines de photos, des films, des enregistrements (une chorale a été improvisée et ce chant interprété symboliquement à l’école Polytechnique, haut lieu de résistance contre la dictature des colonels), qui vont permettre d’organiser des soirées pour rendre compte de ce séjour et remercier tous ceux qui ont contribué à ce convoi solidaire. Des articles (savons..) provenant de l’usine autogérée de Thessalonique seront acheminés en France fin avril, début mai, nous pourrons alors les diffuser. Un plan a également était élaboré pour se fournir en huile d’olive “bio et artisanale”, qui pourra perdurer au delà des retours de tous.

Pour ce bref premier compte rendu : Jacky Chabrol

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