Retour du Caire

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Quatre femmes de Haute-Loire sont partis le 5 mars avec un groupe d'une centaine de femmes pour rejoindre Gaza afin de passer quelques jours avec des associations de femmes palestiniennes et dénoncer les conditions de vie sous le blocus qui sévit depuis 2007 sur la bande de Gaza.

Arrivées à l'aéroport du Caire elles ont été retenues en zone internationale et interdite d'entrée, puis au bout de 24 heures refoulées vers leur point de départ. De retour en Haute-Loire elles nous communiquent :

Expulsée du Caire !!! 
Mercredi 5 mars 2014, la coalition internationale des femmes contre le blocus de Gaza devait se rendre à Gaza via l’Egypte. Elle répondait à l’invitation et à l’appel au secours d’associations et d’ONG de femmes palestiniennes de Gaza. 
Nous étions 4 de Haute-Loire membres de cette coalition et nous voilà déjà de retour le 7 mars ! Après avoir été retenues 36 heures en zone de transit dans l’aéroport du Caire, dans des conditions difficiles, nous avons été interdites d’entrer sur le territoire égyptien, puis expulsées par les autorités du pays avec 40 autres participantes. Le Consul de France informé s’est rendu sur le site. Au vu de la tournure des évènements et devant la résistance tenace des femmes, il a choisi courageusement de quitter l’aéroport… ! 
Au sein de cette mission d’une centaine de femmes, des personnalités remarquables ont été elles aussi refoulées : 
Djamila Bouhired, grande résistante algérienne pour l’indépendance, a dû rester à Paris devant les pressions des gouvernements (afin d’éviter un incident diplomatique ?) 
Mairead Maguire, pacifiste irlandaise prix Nobel de la paix, partie de Londres, a été bloquée au Caire et expulsée manu militari. 
Médéa Benjamin, militante pacifiste américaine, a subi plusieurs heures d’interrogatoire. Molestée par les policiers égyptiens, elle a été embarquée dans l’avion pour Istambul : elle y a été hospitalisée souffrant d’une épaule démise et d’un bras cassé ! 
En tout, ce sont 70 femmes au moins qui ont été expulsées ou interdites de territoire égyptien, alors que 30 autres, ayant obtenu le visa d’entrée, attendent au Caire une improbable autorisation de se rendre à Gaza. 
Malgré le retour contraint en France et la déception devant l’impossibilité de rejoindre les femmes de Gaza à l’occasion de cette Journée Internationale des Femmes, les « expulsées du Caire » tirent un bilan plutôt positif de ces 36h intenses dans le hall de l’aéroport : 
« Toutes ensemble, nous avons manifesté, chanté, crié des slogans, fait des sketches, installé des banderoles et des ballons aux couleurs de la Palestine, avec toute notre énergie, en résistant à la pression soutenue imposée par les égyptiens. 
Face à des milliers de voyageurs en transit, nous avons transmis des messages de nécessaire soutien aux palestiniennes enfermées dans une prison à ciel ouvert. 
Plus que jamais, nous souhaitons affirmer fortement via les médias et les réseaux sociaux -à défaut de couverture par les médias « officiels »- que la lutte est toujours possible contre cet apartheid inhumain. 
Lutte et résistance doivent s’amplifier de tous côtés et par tous les moyens non violents contre le blocus de la bande de Gaza imposé par Israël avec un silence international complice ».

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